Genres musicaux

Motet

Qu’il soit à voix seule ou à grand chœur, le motet était destiné à ponctuer l’office, alternant avec l’ordinaire de la Messe ou se substituant à elle dans le cas de la Messe basse. Durant la seconde moitié du XVIIe siècle apparut en France le petit motet (généralement pour une ou deux voix et basse continue) et – à la Cour – le grand motet (pour solistes, chœur et orchestre), s’inscrivant dans le cadre de la réforme liturgique voulue par Louis XIV. Tout comme la cantate française, le petit motet alternait des récitatifs déclamés et des airs souvent virtuoses. Le grand motet, genre sacré typiquement français qui perdura jusqu’à la Révolution, combinait plus souplement des séquences solistes, de grands chœurs et des pages orchestrales, illustrant avec autant de ferveur que d’éclat les textes latins choisis (principalement des psaumes). Les motets de Rameau, contemporains de ceux de Lalande et Campra, se distinguent par la variété de leurs textures, la virtuosité de certaines pages solistes et – surtout – par la science de leur écriture polyphonique, culminant sur des fugues remarquables, telles qu’on en trouve rarement en France à la même époque.

[Benoit Dratwicki]