Genres musicaux

Comédie lyrique

C’est peut-être dans la comédie-ballet du XVIIe siècle qu’il faut voir l’ancêtre de la comédie lyrique. Longtemps banni de la scène de l’Académie royale de musique, le burlesque y fit son apparition à la fin du règne de Louis XIV et durant la Régence. D’abord dans certaines entrées des opéras-ballets de Campra et Destouches, puis sous la forme de spectacles complets, le comique prit peu à peu une importance accrue. Avec La Vénitienne (1705), le compositeur La Barre signa le premier exemple de comédie lyrique, très proche dans sa structure de la pastorale héroïque et même de la tragédie : seul le ton et – dans une certaine mesure – le style changeaient. L’opéra-ballet Les Fêtes de Thalie (1714) de Mouret affirma encore un peu plus la place du comique sur ce théâtre. Créés chez la duchesse du Maine cette même année 1714, Les Amours de Ragonde de Mouret furent donnés en 1742 seulement par l’Académie royale de musique et firent alors sensation : habitué des théâtres forains, Rameau saisit tout le potentiel qu’il pourrait tirer de ce genre et donna bientôt Platée, comédie lyrique en un prologue et trois actes qui ne fut pas aussi bien reçu que le compositeur aurait pu l’espérer. Il récidiva avec Les Paladins (1760), qui fut encore plus mal reçu. Après Rameau, la comédie lyrique s’épanouira surtout sous la plume de Grétry qui, à l’invitation des directeurs de l’Académie royale de musique, s’employa à doter l’institution de tout un répertoire de ce genre entre 1782 et 1803.

[Benoit Dratwicki]